#2 Automne 2011 - numéro épuisé

Numéro épuisé

Au sommaire

LE SIÈCLE DES FEMMES : La réussite d’un nouveau journal est
toujours mystérieuse. Elle relève de l’alchimie, de la
chance, du moment, d’un travail d’équipe et d’un brin
de folie. Pour trouver de nouveaux lecteurs, il faut oser,
c’est-à-dire surprendre, donc risquer d’être incompris.
Aucun lecteur ne sait à l’avance ce dont il a envie et
ce qui va le combler. Toutes les qualités que l’on prête
à un journal qui marche sont autant de défauts s’il vient
à échouer.

La création d’un titre demande donc de l’humilité
et une bonne dose d’inconscience. Aussi les lois
du marketing ne s’appliquent pas à ces objets très
spéciaux. Régulièrement, les lecteurs se détournent
de nouveaux magazines rutilants, fabriqués sur mesure
par des sondages et des études hors de prix. Entre
un journal et ses lecteurs, c’est une attraction mutuelle.
Les sentiments ne se commandent pas.

Le 24 mars dernier, 22 000 exemplaires du numéro 1
de 6 Mois ont été livrés aux libraires en prévision
du lancement. Nous tablions sur 25 000 exemplaires
vendus et espérions secrètement atteindre le chiffre
de 30 000. Les ventes ont dépassé les prévisions
les plus optimistes.

A l’heure où nous bouclons ces lignes, au coeur de l’été,
plus de 42 000 exemplaires ont été écoulés – et ce n’est
pas fini ! Il a fallu réimprimer, rationner les librairies
et ajuster les livraisons. C’était comme une lame de fond,
profonde et régulière. Déjà, près de 1 000 abonnés
nous ont rejoints. Il faut parfois peu de temps à certains
pour « graver leur nom au bas d’un parchemin » et
cette confiance est un encouragement précieux.

A l’ère du tout numérique, le succès de 6 Mois montre que
la révolution technologique ouvre de nouveaux horizons,
y compris à la presse et à l’édition. Une revue comme
celle-ci aurait été inconcevable avant Internet. Comment
notre équipe aurait-elle pu sélectionner, contacter,
rassembler autant de photographes et fabriquer 350 pages
à un prix abordable en seulement… six mois ?

En revanche, l’abondance d’images disponibles par
milliards sur Internet, sous des formes infinies, appelle
une revue qui prend le temps de choisir, de construire
des récits, de mettre en page et de légender, pour
magnifier le travail des auteurs et lui donner sens. 6 Mois
est un bel objet à feuilleter et à dévorer, à lire et à relire,
un objet sensuel et odorant, qui se garde et qui s’offre. Il
n’a pas besoin de batterie. Il est indéfiniment disponible,
jamais obsolète, vivant. C’est un ami de papier, le vôtre.

Pour toutes ces raisons, l’équipe de 6Mois n’a qu’un mot
à la bouche : merci. C’est un mot de reconnaissance
et de résolution. Nous savons ce qu’il nous reste à faire
pour porter cette revue au sommet de la qualité à laquelle
vous avez droit. Il nous faudra du temps, des jours et
des nuits, des doutes, des encouragements, des erreurs et
des rencontres. Remettre cent fois l’ouvrage sur le métier.

Nous comptons sur vous. Nous sommes au début
de l’aventure et avons besoin de votre appui. Vous êtes
aussi notre aiguillon. Vous serez là pour piquer notre
curiosité, réagir, contester. {« Pour être vivant, un journal
doit toujours mécontenter 10 % de ses lecteurs, à condition
que ce ne soit pas toujours les mêmes »}, notait avec humour
l’écrivain Charles Péguy. D’un siècle à l’autre, la loi
des lecteurs est éternelle : vous êtes nos seuls juges •

Laurent Beccaria, Patrick de Saint-Exupéry, Marie-Pierre Subtil.

Édito

Mes parents : Il n’avait pas 3 ans quand son album de famille s’est interrompu. Fils unique d’un couple en conflit, Alain Keler est devenu photographe pour fuir les tensions. Petit à petit, au cours de ses rares escales en France, il a commencé à photographier ses parents. L’adieu à Bobby : Candidat à la présidence, Robert Kennedy, le frère de JFK, est assassiné en juin 1968. Le samedi 8, un train emporte son cercueil à Washington. Un million d’Américains rendent hommage à Bobby le long de la voie ferrée. Le photographe Paul Fusco est à bord. Vladimir Poutine, l’homme masqué : Il n’a jamais été brillant. Ni dans sa jeunesse, ni dans sa carrière. L’ascension de l’homme fort de la Russie reste un mystère. A chaque étape, un ressort : Vladimir Poutine couvre ceux qui l’ont aidé à gravir un nouvel échelon. Jusqu’à la fonction suprême. Parcours étonnant d’un gamin des rues qui rêvait d’être espion. Vanités New-Yorkaises : Capitale du « charity business », New York vit six mois par an au rythme de ses bals. Chris Maluszynski a appris à danser le quadrille pour pouvoir s’introduire dans ces soirées destinées à lever des fonds pour les bonnes causes et lancer les jeunes filles dans le monde. La prison de la drogue : En Birmanie, dans la région reculée du Kokang, consommateurs et trafiquants de drogue sont arrêtés et incarcérés depuis 2002, date de l’interdiction de a culture du pavot. Lu Nan a passé trois mois dans la prison de Yonglang, gage de bonne volonté à l’égard du voisin chinois. Somerset : C’est une région de bois, de collines et de prés, dans le sud-ouest de l’Angleterre. Le ciel y est aussi souvent couvert que la lumière est douce. Un esprit de liberté souffle le long de ses petites routes, où l’on voit encore des familles en roulottes. Gitans, néo-ruraux et ferrailleurs partagent avec la photographe Venetia Dearden le rêve de préserver « l’esprit du Somerset ». Une virgule de sable : Sans jamais être fausses, les images ne disent pas tout. Dans un livre mythique sur le Ghana, le photographe Paul Strand avait dressé l’image d’un avenir radieux. Parti sur ses traces un demi-siècle plus tard, Denis Dailleux explore à Accra un monde enchanteur mais menacé. Ses photos sont tournées vers la mer. Patrick de Saint-Exupéry est allé regarder de l’autre côté. Les pêcheurs de Jamestown : Ils sont 3000 à vivre sur une tête d’épingle au cœur d’Accra, la capitale du Ghana. Fasciné par leur monde, Denis Dailleux s’est laissé embarquer jusqu’à l’obsession par la magie des lieux. Entretien avec David Goldblatt : David Goldblatt, 80 ans, est le plus important photographe sud-africain. Blanc et anglophone, il scrute son pays depuis plus de quarante ans, sans jamais céder au spectaculaire. De l’apartheid à la nouvelle Afrique du Sud, il s’est toujours intéressé à l’évolution de la société plutôt qu’à l’actualité. Dames de chevet : On les appelle les {badanti}. Elles ont quitté la Pologne, l’Ukraine, la Moldavie ou la Russie pour gagner leur vie en Italie, où elles partagent le quotidien d’une personne âgée. Auxiliaires de vie, infirmières, cuisinières, dames de compagnie, ces femmes de l’Est, souvent diplômées, sont devenues indispensables à une Italie vieillissante. Le choix de Cecilie : Au départ ce n’est qu’une image publiée dans un journal danois : une enfant abandonnée sur une chaise dans un hôpital népalais. Cecilie pourrait tourner la page, l’histoire en resterait là. Mais elle prend l’avion pour Katmandou, décidée à tenter l’impossible pour la fillette, atteinte d’hydrocéphalie. Les Demoiselles cosaques : Persécutés à l’époque soviétique, les cosaques font leur réapparition en Russie et en Ukraine depuis une vingtaine d’années. Des écoles de cadets sont créées, lieux d’excellence au service de la patrie. A Belaya Kalitva, une petite ville du nord du Caucase, un de ces pensionnats accepte les filles. Les deux cousines : Enfant, elle passe ses étés dans la pampa argentine. Devenue photographe, Alessandra Sanguinetti y rencontre Guillermina et Belinda. Fascinée par leur bonheur simple et leurs jeux romanesques, elle les suit tous les étés pendant huit ans.

Les auteurs

Les photographes

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