Américaine, Maggie Steber est une photographe et éditrice photo. Elle a publié « Katie », dans le numéro 17 de 6Mois, l'histoire incroyable de la plus jeune greffée du visage au monde. Exposée partout, multi-primée, finaliste du prix Pulitzer, Maggie nous fait découvrir ce mois-ci cinq photographes dont le travail et l'engagement méritent d'être partagés ! Voici ses pépites :



Maggie Steber is an American photographer and photo editor. She is a Guggenheim Foundation Fellow, 2017-2018, and has worked in 70 countries photographing stories on the human condition. Steber has worked in the small nation of Haiti for 30 years. Aperture published her monograph on Haiti entitled Dancing on fire. Her work is exhibited worldwide and is included in the American Women Collection at the Library of Congress and the Guggenheim Foundation as well as many private collections. Steber has worked as a photo editor for Associated Press and Director of Photography at The Miami Herald. A contributing photographer to National Geographic Magazine, she was named as one of eleven Women of Vision by the magazine. Her honors include, among others, the Pulitzer Prize Finalist 2019. She is affiliated with VII Photo Agency. Here are the Maggie's findings:



Donato Di Camillo



 



« Imaginez Marlon Brando dans Sur les quais et vous voyez le photographe et vidéaste américain Donato DiCamillo, 45 ans. Enfant, il souffre de problèmes comportementaux. Renvoyé de l’école à 16 ans pour violence, il passe du temps en centres éducatifs et en prison. Ses photos ont ce petit quelque chose de spécial que l’on trouve chez ceux qui habitent les recoins sombres de l’existence, tout en étant capables de lumière. Elles nous font pleurer et rire. Camillo est à l’aise avec tous, jeunes et vieux, quelle que soit la couleur ou la religion. C’est un ambassadeur d’humanité. Ses photos ont une beauté rude et honnête. Sa série Beach Body Bingo, drôle et sarcastique, est peut-être la plus belle série de plage jamais faite à Coney Island. Dans d’autres séries, Vérités américaines non-écrites, Les choses que les hommes laissent derrière, Je sais que tu m’entends hurler, il nous raconte les histoires de malheur et les promesses non-tenues faites aux populations en marge et aux opprimés de l’Amérique. Si un travail photo devrait décrire son auteur, c’est bien le travail de Donato. »

"Imagine actor Marlon Brando in the film On the Waterfront and you have 45-year-old American photographer/videographer Donato DiCamillo. As a child he suffered behavioral problems, being expelled from school at the age of 16 for violence and finding himself in and out of behavioral institutions and jails. His photographs have that special something that resides in people who dwell in the darker arenas of life while still being able to drink in the sunlight. His photographs make you laugh or cry. He talks to everyone with the greatest ease: old, young, all races and religions. He is an ambassador of humanity. Photographers should study his work for its raw and honest beauty and selfless approach. In his Beach Body Bingo series, published over 60 times, emotions range from funny to sardonic. It might be the best beach photographic coverage on the incomparable Coney Island. Other series include American Truths Unwritten, Things Humans Leave Behind, I Know You Hear Me Screaming. In these he shows the rough, dark, broken promises and sad tales of woe of the fringe and underdog populations in America. Donato was featured internationally in publications and news broadcasts including the BBC, Washington Post, and Huffington Post. He was a recent guest speaker at the prestigious HEARST magazines annual summit. If anyone’s photographs were ever about the photographer, it’s Donato’s work."



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Soumya Sankar Bose



 




« Explorant l’histoire et la culture de son pays, le photographe indien Soumya Sankar Bose voyage entre le réel et l’imaginaire. « Je suis en permanence à la recherche d’un événement peu médiatisé qui disparaît de nos mémoires avec le temps. » Son nouveau projet, Où les oiseaux ne chantent pas, raconte le massacre de Marichjhapi et l’expulsion forcée en 1979 des réfugiés bengalis sur l’ile de Marichjhapi, qui a conduit à la mort de milliers de personnes, de faim et de maladie, ou sous les balles de la police. Quand Soumya ne trouve pas de survivants, d’objets ou de documents, il recrée des scènes qui montrent l’horreur de l’événement. À travers le mélange subtil des faits et de la fiction dans les témoignages des survivants, il met en lumière les différentes perceptions d’un même récit. Il crée un cadre autour d’une histoire complexe menacée par l’oubli. Son travail est à couper le souffle, déchirant et beau. »



“Indian photographer Soumya Sankar Bose uses magic realism to move in and out of reality and fantasy in his photographic projects which explore history and culture. “In my work, I always try to find an undocumented or underreported incident that is fading from our minds over time. In my project Full Moon On A Dark Night I show the possibility of a time free of societal judgment. I create a space where people can express their personal experiences and feelings outside of their lived realities.” The same approach as used for his newest project entitled Where the Birds Never Sing (recently published book). It is the story of the Marichjhapi massacre, and the forcible eviction in 1979 of Bengali refugees on Marichjhapi Island in Sundarban, West Bengal, which led to the subsequent death of thousands by police gunfire, starvation, and disease. When Soumya could not find survivors or records or objects he re-created scenes that showed the horror of this event. Through the intricate weaving of facts and fiction of existing oral histories of the real survivors, he brings to light various perspectives of the same narrative, forming a framework of this problematic history that is facing slow erasure from the memory of people. His three main bodies of work, which have been widely reviewed, are breathtaking, heartbreaking and beautiful and well worth exploring: Let’s Sing an Old Song, Full Moon On A Dark Night, Where The Birds Never Sing.

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Annie Tritt



 



« La plupart des enfants rêvent de devenir super-héros, princesse, cowboy, indien ou pilote de courses. Certains rêvent d’être l’opposé exact de leur genre. Annie Tritt, photographe américaine, utilise la photographie pour plaider la cause de ces enfants qui sentent qu’ils sont nés dans le mauvais corps. Elle instaure un cadre sécurisant qui permet aux enfants et aux jeunes de raconter leurs histoires, d’exprimer leurs sentiments, leurs peurs, et pour finir leur joie d’être entendus, et de se sentir autorisés à devenir ce qu’ils estiment être. Annie crée un lien fort avec les enfants qu’elle photographie. Elle est elle-même trans et féministe. Elle partage les histoires qu’elle entend de la bouche de jeunes qui semble se connaître mieux que nous. Elle ressent l’urgence de montrer que les enfants peuvent être ce qu’ils savent être. Ce type d’intimité ne se gagne que par la confiance et la sincérité. Elle a un talent spécial pour entrer dans les recoins secrets de nos vies. »

Most children fantasize that they can be anything they want to be, a superpower, a princess, a cowboy or Indian, a race car driver. Some children dream of being the exact opposite of their gender. Gender identity issue are what interests American photographer Annie Tritt. Annie uses photography as an advocate for those children and young people who feel they are born in the wrong bodies. She creates a safe place for children and young people to share their stories, feelings, fears and eventually their joy at being listened to and being allowed to become who they feel they are. Annie is the perfect person to tell this story because she is a trans person and a feminist. She connects with the children in her photographs in visceral ways. Transgender issues have become a part of being a child and teenager as well as bullying and suicide. Suicide rates in young people in general have risen at an astonishing rate according to researchers and part of that is because they feel they do not and cannot belong, and because no one listens. Annie listens and shares stories from the mouths of babes who seem to know themselves better than we do. She works with an urgency to show that children can be who they know they are. This kind of intimacy is only won on trust and being genuine and this underlines her ability to enter the secret chambers of our lives.



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Eva Woolridge



 



« Eva Woolridge est une photographe noire-américaine et chinoise-américaine. Sa photographie explore les aspects sexuel, spirituel et émotionnel de la féminité. Au-delà des stéréotypes superficiels sur les gens de couleur, elle parle de force, de vulnérabilité, persévérance et de vitalité. En 2019, elle est primée pour sa série The size of a grapefruit, La taille d’un pamplemousse, qui raconte en images un évènement qui l’a traumatisée, l’ablation d’un kyste ovarien. En mettant en lumière ses émotions avant, pendant, et après l’opération, elle témoigne de la négligence et des micro-agressions que les femmes noires subissent lors d’urgences médicales. Elle souligne aussi les informations dépassées qui circulent sur la gynécologie et l’obstétrique. Outre son métier de photographe, qui inclut un travail sur le mouvement Black Lives Matter, elle anime des ateliers pour les Blancs qui souhaitent être mieux informés de l’état des relations entre Noirs et Blancs aux États-Unis. L’approche inventive et personnelle qu’elle a choisie pour photographier sa maladie et mettre en lumière les injustices subies par les femmes noires dans le système de soins américain, est étonnante. »



Eva Woolridge is a Black-American/Chinese-American photographer. Her photography explores the sexual, spiritual, and emotional nature of feminity. In her work she transcends surface-level labels of people of color by conveying strength, perseverance, vulnerability and vitality using strong lighting and composition. In 2019 Woolridge became a recipient of The Leica Women in Foto Award for her series, "The Size of a Grapefruit,” a visual narrative based on Eva’s traumatic medical event which highlights the emotional stages from before, during and after her ovarian cyst surgery. Her objective is to address the accounts of her surgery, micro-aggressions and medical negligence Black women experience during medical emergencies, and the outdated information available in women's reproductive health.  

Besides her photographic work including the BLM movement, Eva teaches workshops for white people who want to be better informed about the state of relations between Blacks and white people in the United States in an effort to bring the two races closer together in understanding and respect. I was so moved and impressed that Eva found an inventive and very personal approach in photographing her illness and at the same time to shine a light on the discrepancy in medical care for Black women in the American medical system.



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Marie Arago



 



« La photographe américaine Marie Arago vit et travaille en Haïti depuis 2011. Elle documente les luttes permanentes du peuple Haïtien, entre pauvreté, extrême corruption politique et ingérence des États-Unis et de la France. Je travaille depuis 30 ans en Haïti et je trouve que les images de Marie touchent une corde sensible. Ses photos révèlent la spiritualité et la richesse des mythes, du folklore et des croyances haïtiens en associant des images qui reflètent le réalisme magique qui caractérise la culture haïtienne depuis toujours. Après des siècles de sévices insupportables, les Haïtiens renversent leurs maîtres esclavagistes français, battent les armées de Napoléon et établissent la première République noire au monde. Le sentiment de fierté que leur inspire cette histoire imprègne toute l’ile. Pour empêcher la contagion de la révolte, le monde a tourné le dos à Haïti, et l’île a conservé son caractère africain. Les photos de Marie mêlent le présent, le passé, l’histoire, les mythes et la magie de la culture. Elles sont celles qui se rapprochent le plus de la pensée haïtienne, montrant un paysage luxuriant, rempli d’esprits de la mère-patrie africaine. Il est heureux que ses photographies reflètent une image plus précise que la perception simpliste qu’en offrent trop souvent la presse et les observateurs extérieurs. »



American photographer Marie Arago has lived and worked in Haiti since 2011, documenting daily life and critical issues facing the Haitian people’s struggles with poverty and extreme political corruption alongside outside interference by the United States and France. I have worked in Haiti over a 30-year period and I can say that Marie’s photographs hit a chord in describing the dream life and the importance of memory and self that goes far beyond what is visible. Her pictures reveal the spiritual implications and richness of Haitian myths, folklore and beliefs by combining images that represent the magic realism that have described Haitian culture from the start. Following centuries of unbearable treatment, Haitians overthrew their French slave masters establishing the first Black Republic in the world. They beat Napoleon’s armies. Their sense of pride of this history colors everything in Haiti. To prevent this revolt from spreading the world turned its back on Haiti, allowing it to retain its African character. Marie’s photographs interpret the dreamlike state by weaving the present, the past, the history, the myths and the magic of the culture. Her photographs come the closest to entering into the Haitian mind, revealing a rich landscape filled with sprits from the African homeland and the idea of ancestry as a survival mechanism. Happily her photographs reflect a more precise description than the simplistic perception of the press and outsiders.



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