C’est le retour des Pépites ! Ce mois-ci, nous avons le grand plaisir d’accueillir Anna-Alix Koffi. Avant de découvrir ses coups de cœur à partir de lundi, place aux présentations...

« En 2001 je ne connaissais pas la photographie. C’est l’étude de la mode qui a révélé mon amour de l’image : Newton, Horst P. Horst, Bourdin, Avedon et Sidibé. Le vêtement était réécrit par la lumière et mon œil s’est vite accoutumé à reconnaître les signatures. Il s’est aussi fixé – exception faite pour les couleurs cinématographiques de Bourdin – sur la noblesse du noir et blanc. Une obsession. Dominique Issermann, Koto Bolofo, Antoine d’Agata, Okhai Ojeikere, Gordon Parks, Antanas Sutkus, Yusuf Sevinçli, Alessandra D’Urso, Clara Chichin... Le prodigieux Stanley Greene. OFF the Wall, la collection de livres d’images que j’ai créée et éditée entre 2013 et 2016, m’a permis de presque tous les rencontrer et les publier. Depuis, avec l’édition des journaux Woman Paper puis Something we Africans got, ce sont les artistes femmes, l’Afrique et le monde noir que je promeus plus particulièrement. "Je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien." Mon occupation – ma vocation – me le prouve sans cesse : un vrai bonheur. »

« In 2001 I did not know photography. It was through my fashion studies that I discovered my love for images: Newton, Horst P Horst, Bourdin, Avedon and Sidibé. The clothing was rewritten by the light and my eye quickly got used to recognizing the signatures. He also focused – except for Bourdin's cinematic colors – on the nobility of black and white. An obsession. Issermann, Bolofo, d'Agata, Ojeikere, Gordon Parks, Antanas Sutkus, Yusuf Sevinçli, Alessandra D’Urso, Clara Chichin... the amazing Stanley Greene. OFF the wall, the collection of picture books that I created and edited between 2013 and 2016 allowed me to meet and publish almost all of them. Since 2016, first with "Woman paper" and later with "Something we Africans got", I started focusing particularly on women, Africa and the black world. "I only know one thing, and that is that I know nothing" my occupation – my vocation – proves it to me over and over again: a real joy. »





Sabelo Mlangeni



 



« Né en 1980 à Driefontein, en Afrique du Sud, Sabelo Mlangeni explore l’identité lesbienne, gay, bi, trans, queer, inter ou asexuelle. Dans chacun de ses projets, il réussit à éviter le regard voyeuriste ou misérabiliste qui teinte nombre de travaux sur des communautés marginalisées, souvent exotisées. Lui s’installe, s’immerge, vit avec celles et ceux qu’il photographie, capte leur vie quotidienne, leur joie et, de temps en temps, les discriminations subies. Dans cette série, faite en 2019, il raconte la communauté queer de la Royal House of Allure de Lagos, au Nigeria. Cette « maison » offre refuge, réconfort et solidarité, à l’instar des « houses » qui ont émergé dans les années 1920 aux Etats-Unis, notamment à New York : des « matriarches » s’occupent de leurs « enfants », qui vont s’opposer à d’autres « maisons » lors de compétitions de danse typiques de la culture queer. Sabelo Mlangeni a passé six semaines dans celle de Lagos. »

“Born in 1980 in Driefontein, South Africa, Sabelo Mlangeni explores lesbian, gay, bi, trans, queer, inter or asexual identity. In his work he avoids the voyeuristic and exotic gaze often held on marginalized communities. Through a full immersion with his subjects, Sabelo captures intimate moments of their daily life, from joy to discrimination. In this series, made in 2019, he portrays the queer community of the Royal House of Allure in Lagos, Nigeria. This "House" offers refuge, comfort and solidarity, like the "Houses" that emerged in the 1920s in the United States: "matriarchs" takes care of their "children", who then challenge other "houses" in dance competitions typical of queer culture."





Akinbode Akinbiyi



 



« Akinbode est un chroniqueur du quotidien. Né en 1946 à Oxford, en Angleterre, de parents intellectuels nigérians, le photographe raconte l’Afrique à travers ses grandes villes. De Cotonou à Nairobi, de Kinshasa à Addis-Abeba, en passant par Bamako, Johannesburg et Lagos, la ville où il a grandi, il s’intéresse à la façon dont les êtres humains façonnent les espaces et naviguent dans des sociétés. Son vieux Rolleiflex à la main, il traque les moments d’humanité, d’empathie. Une rigolade derrière une grille, une prière, trois chaises vides face à la mer… Un travail documentaire empli de poésie. »

"Akinbode is a daily life reporter. Born in 1946 in Oxford, England, to Nigerian intellectual parents, the photographer draws a portrait of Africa through its great cities. From Cotonou to Nairobi, from Kinshasa to Addis Ababa, via Bamako, Johannesburg and Lagos, the city where he grew up, Akinbode shows the way humans shape spaces and navigate societies. Through his old Rolleiflex he unveils urban moments of humanity and empathy. A laugh behind a gate, a prayer, three empty chairs facing the sea… A documentary work full of poetry."





Phumzile Khanyile



 



« Phumzile a été l’une des révélations visuelles de ces dernières années. Cette jeune photographe sud-africaine, originaire du township de Soweto, s’est enfermée chez sa grand-mère après avoir été agressée par cinq hommes lors d’un reportage. À l’abri des regards, elle entame « Plastic crown », un voyage à la (re)découverte de soi à travers l’autoportrait. Pendant deux ans, elle se met en scène dans les habits de sa grand-mère, et questionne les stéréotypes et la morale de la société qui l’entoure. Un travail provocant, honnête, qui affirme sa liberté d’être femme, comme elle l’entend. »

Phumzile has been one of the visual discoveries of the past years. This young South African photographer from the township of Soweto, locked herself up in her grandmother's house after being assaulted by five men during a report. She then embarked in a journey to (re)discover herself through self-portrait and for two years she set up images of herself in her grandmother's clothes, questioning stereotypes and morals of the society surrounding her. Provocative and honest, "Plastic crown", affirms her freedom to be a woman in her own terms.”





Richard Lokiden Wani



 



« Richard Lokiden Wani se forme à la photo auprès d’évangélistes américains et norvégiens basés au Soudan du Sud. Sans argent, il ne peut ouvrir un studio, et commence à travailler dans la rue, dès 1998. Il propose aux passant de les prendre en photo ; quand ils aiment le tirage, ils l’achètent. Ses portraits francs, au flash, racontent le quotidien de trois générations de sud-soudanais : des amies enveloppées dans leurs voiles colorés, un couple sur une moto, une mère avec sa petite fille dans un jardin. Atemporelles, les séries de Wani racontent sa propre détermination et les rêves de paix d'une nation, trahis pendant trente ans. »

Richard Lokiden Wani was formed in photography by American and Norwegian evangelists based in his country, South Sudan, in the nineties. As he could not open a studio for lack of means, in 1998 he began working as a street photographer. He offered to take portraits of people passing-by. When they liked the print, they would buy it. Friends wrapped in their colorful veils, a couple on a motorcycle, a mother with her little girl in a garden: his candid flash portraits tell the story of three generations of South Sudanese people. With this work Wani presents the dreams of peace of a nation, betrayed for thirty years.”





Raymond Dakoua 



 



« Des amis sur la plage, un couple qui s’embrasse, des jeunes dans l’intimité de leurs maisons… Raymond Dakoua, photographe ivoirien basé à Bruxelles, travaille depuis plusieurs années sur l’homosexualité. Des militants qui se battent pour leurs droits en Côte d’Ivoire aux réfugiés politiques en Belgique, il interroge la communauté lesbienne, gay, bi, trans, queer, inter et asexuée originaire de son pays. La Cote d’Ivoire est considérée comme un ilot de tolérance par rapport à d’autres pays africains, mais les défis - des droits civiques jusqu’à l’accès aux soins - sont encore nombreux. Ode à la liberté, les images de Raymond Dakoua célèbrent le courage des personnes qu’il photographie. »

“Friends on the beach, a couple kissing, young people in the privacy of their homes... Raymond Dakoua, an Ivorian photographer based in Brussels, has been working on homosexuality for several years. From activists who fight for their rights in Ivory Coast to political refugees in Belgium, he questions his country’s lesbian, gay, bi, trans, queer, inter and asexual community. Ivory Coast is as an island of tolerance compared to other African countries, but the challenges – from civil rights to access to healthcare – are still many. Raymond Dakoua's images celebrate the courage of the people that he photographs, like an ode to freedom.”


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