Ce mois-ci, les Pépites passent à l'heure argentine avec Julieta Escardó ! Place aux présentations :

« Photographe argentine basée à Buenos Aires, j’ai fondé et dirigé pendant seize ans Felifa, un salon de livres photos qui a aussi eu lieu ailleurs en Amérique latine. Je codirige la maison d’édition La Luminosa. Je crois que le livre existe pour soulever des questions. J’aime les langages délicats, qui murmurent, les images qui suggèrent au lieu d’expliquer. Depuis quelques temps, je m’intéresse aux projets d’archives : ils ouvrent de grandes possibilités de narration, qui obligent parfois la photographie à sortir de son cadre, comme dans des performances ou des projets audiovisuels. Je suis ravie de partager avec vous le travail de cinq femmes talentueuses de la photographie argentine. »



This month, our findings are all Argentine! Before discovering Julieta Escardó's favorites photographers, let her present herself in her own words...

"Argentinian photographer based in Buenos Aires, I founded and ran for 16 years Felifa, a photo book fair taking place in different Latin American countries. I co-manage La Luminosa publishing house. I believe that books exist to question our perception of things. I like delicate, whispering languages, images that suggest rather than explain. For some time now, I have been interested in archive projects: they open up great possibilities for storytelling, forcing sometimes photography to get out of its frame, like for performances or audiovisual projects. I am delighted to share with you the work of five talented Argentine photographers."





Cecilia Reynoso



 



« Née en 1980 à Buenos Aires, Cecilia Reynoso photographie depuis douze ans les proches de son compagnon. Elle s’attarde sur les liens qui unissent une famille : une foule attablée, des adolescents qui jouent à la bagarre, la naissance et la mort d’un membre du clan... Dans chaque image, l’ancienne étudiante en cinéma semble rendre hommage à de grands films, notamment du réalisateur italien Luchino Visconti. »

"Born in 1980 in Buenos Aires, Cecilia Reynoso has been photographing for the past twelve years her companion's family, focusing on the proximity of the bodies of a crowded, loud and united Italo-Argentinian clan. Big gatherings around the table, teenagers playing fights, births and deaths of the family members: paying homage to her education in cinema, Cecilia’s image recall scenes from famous films, especially those by Italian director Luchino Visconti."





Paula Teller 



 



« Photographe de presse, Paula Teller a testé pendant le confinement une nouvelle façon de faire du reportage. En appels vidéos, elle guidait des néophytes sur des lieux pour prendre les bonnes photos, sorte de « télé-photojournalisme ». Le travail que je présente ici, « Limbo », est plutôt une méditation sur la nécessité de repenser le monde d’après Covid. Paula choisit des photos de ses archives sur son ordinateur, elle les ouvre en grand, place une feuille de papier devant son écran, et prend l’image en photo : un oiseau immobile, un corps figé, un mannequin qui crie. Une réflexion sur l’immobilité, la nature, la frontière entre biologique et synthétique. »

"Press photographer Paula Teller tested a new way of reporting during confinement: using video call applications, she guided neophytes to places to take the right photos, a sort of "tele-photojournalism". But the work I present here, "Limbo", is more of a meditation on the need to rethink the post-covid world: a still bird, a frozen body, a screaming dummy. Paula chooses photos from her archives on her computer, places a sheet of paper in front of her screen, and takes a photo of the image. A reflection on immobility, nature and the border between organic and synthetic."





Guadalupe Miles 



 



« Guadalupe Miles photographie depuis vingt ans la communauté indigène de Santa Victoria Este dans le Chaco de Salta, au nord de l’Argentine. Avec eux, elle apprend, transmet et crée. Ses images sont délicates et honnêtes. Son dernier ouvrage est dédié à Tiluk, chaman et chef de la communauté, qui, dit-elle, a transformé sa perception du monde et lui a "appris à voir". »

Guadalupe Miles has been photographing for twenty years the indigenous community of Santa Victoria Este in the Chaco de Salta, in the North of Argentina. With them, she learns, transmits, and creates. Her images are delicate and honest. Her latest book is dedicated to Tiluk, shaman and head of the community, who, she says, transformed her perception of the world and "taught her to see".”





Estrella Herrera 



 



« Estrella Herrera collectionne des images de grottes et de mines. Sur Internet, dans des archives photos, elle les repère, les agrège et se les approprie. En laboratoire, elle en créé les négatifs puis les imprime – ce qui donne une unité visuelle à un ensemble hétérogène. La photographe explore ainsi la terre, le monde souterrain, et évoque l’inconscient : les creux naturels des montagnes, les trous mystérieux dans le sol, les minéraux inconnus... Ils racontent pour elle les lieux de la pensée où tout est encore modulable. »

Estrella Herrera collects images of caves and mines. She finds them on the Internet and in photo archives, and then she associates them. She creates negatives in the lab and prints them - which gives a visual unity to a heterogeneous whole. The photographer explores the earth, the underground world, and speaks of the unconscious: natural hollows of the mountains, mysterious holes in the ground, unknown minerals. Places of thought, where everything is still moldable.”





María Eugenia Cerutti 



 



« María Eugenia Cerutti est photographe, chercheuse et enseignante. Sa série “Con toda la muerte al aire” se penche sur le meurtre d'Alcira Methyger en 1955, un cas emblématique de féminicide en Argentine. Elle mélange images d'archives de la police fédérale, articles de l'époque, photographies médico-légales modifiées et clichés de scènes de crime. En 2019, lors de la Biennale de Performance de Buenos Aires, elle a créé une pièce de théâtre performatif étonnante. Un journalisme différent et nécessaire. »

María Eugenia Cerutti is a photographer, researcher and teacher. Her work, « Con toda la muerte al aire », examines the murder of Alcira Methyger in 1955, an emblematic case of femicide in Argentina. It mixes archive footage from the Federal Police, articles, modified forensic photographs and crime-scene snapshots. In 2019, during the Buenos Aires Performance Biennale, Marua Eugenia created an astonishing performative play. It’s a new form of journalism, different and necessary.”


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