Mères confinées

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Quand le premier confinement est décrété en Australie, en mars 2020, la photographe Lisa Sorgini se retrouve enfermée avec deux enfants de 5 ans et 6 mois. Isolée, sans commande, elle envie chaque matin son mari paysagiste qui a gardé le droit de travailler dehors. Pour échapper au quotidien, sentant pointer « la folie », elle commence à photographier d’autres mères confinées. Elle toque à leurs portes, salue à distance, choisit la fenêtre et observe la femme qui apparaît dans le cadre. Les enfants accourent d’eux-mêmes, heureux de la diversion.

Chacune explore sans l’avoir souhaité « la solitude à plusieurs » des mères au foyer. « Seules, sans aide extérieure, mais jamais vraiment seules, avec ces petits accrochés à nos bras, courant entre nos jambes, attrapant nos mains et tirant sur nos manches. » Un confinement, cela rappelle le congé maternité ; c’est une suspension du monde, pour tout le monde. Certaines femmes s’en sortent mieux que d’autres. Chloe, sur cette image, a quatre enfants. Elle leur faisait déjà l’école à la maison avant le Covid. « Une héroïne ! » pour Lisa : « J’ignore comment elle trouve tant d’énergie. »

Ses vingt-six portraits racontent les sentiments contradictoires qui étreignent chaque mère au souvenir de cette période si particulière : la proximité, la tendresse, l’intime connaissance des lois du corps des tout-petits, mais aussi l’épuisement, la frustration. « Pour moi, l’amour maternel est autant synonyme d’attachement que de détachement, de don de soi que de perte de soi ».

Marion Quillard et Martina Bacigalupo



Cette image fait partie de la série « Behind glass » à découvrir dans notre dernier numéro

Le travail de Lisa Sorgini est à découvrir sur son site Internet et sur son compte Instagram.


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