L'homme de fer

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Junior Mvunzi sillonne Kinshasa habillé en boîtes de conserve recyclées. Dans son costume « Epola » - « pourri », en langue lingala -, il ressemble à l’Homme de fer-blanc du Magicien d’Oz qui aurait pris la rouille. Ainsi déguisé, l’artiste performeur marche et danse dans les rues chaotiques de Kinshasa, entre klaxons, poussière et pollution. Il se laisse aborder par les passants étonnés. Une façon de questionner la relation inégale entre Nord et Sud et l’habitude des Congolais de se nourrir de produits en conserve venus d’Europe, souvent périmés.



Comme lui, d’autres performeurs des quartiers populaires de la capitale congolaise travaillent avec des objets recyclés qu’ils passent leurs journées à collecter. Vieilles poupées, smartphones hors d’usage, seringues, plaquettes de médicaments périmés. Tout est récupéré, transformé, pour s’en couvrir le corps, et ainsi dénoncer la corruption, le pillage des richesses du pays, les trafics. Des sculptures vivantes pour provoquer le débat, éveiller les consciences, et faire descendre l’art dans la rue.



La photographe française Aude Osnowycz découvre le groupe de performeurs congolais sur Pinterest pendant le deuxième confinement. Elle s’envole pour la République Démocratique du Congo en janvier 2021 et part à leur rencontre. Ils lui racontent leur colère. Elle en tire une série de portraits sur fond noir ou blanc, en costumes provocants, drôles, colorés. « Leur activisme m’impressionne. Ils mènent une vie très dure, parfois sans rien manger de la journée, et ne cessent de militer pour un monde meilleur. »



Martina Bacigalupo



Cette image fait partie de la série « Kisnhasa performers ».



Le travail de Aude Osnowycz est à découvrir sur son site Internet et sur son compte Instagram



 


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