#7 Été 2009

Au sommaire

Il y a des auteurs qui ne manquent pas d’énergie.

Il en faut pour avoir la curiosité d’enquêter de l’autre côté du monde, au cœur du Pacifique ou sur une île inconnue au milieu du plus grand lac d’Afrique, quand les projecteurs médiatiques sont braqués ailleurs. Les trois auteurs de ce dossier, Fabienne Lips-Dumas, Vincent Munié et Luc Folliet, ont eu cette énergie.

Il en faut pour se faire accepter par une secte mormone et en rapporter des images inédites. Stéphanie Sinclair a réussi ce tour de force.
Il en faut pour passer au-delà des images rebattues, des kilomètres de pellicules et des forêts d’articles sur la banlieue ou les SDF et aller voir et se laisser atteindre. Sylvie Caster et Maximilien Le Roy ont ciselé deux superbes récits sur un fil, qui justement ne ressemblent à rien de connu.
Il en faut pour briser le « mur du silence » construit par Antoinette Fouque, une redoutable femme d’influence, comme seul le milieu intellectuel français sait en fabriquer. Pied à pied, Juliette Joste a enquêté sur la prêtresse du féminisme.

Il en faut pour changer d’existence à 50 ans, abandonner un emploi à vie et se lancer dans des reportages au long cours. Anne Brunswic a tourné cette page.

Il en faut pour troquer son stage de fin d’études de journalisme contre un reportage au Zimbabwe, un pays « au-dessous du radar » de l’actualité et en revenir avec une moisson de choses vues. Sophie Bouillon a eu ce cran et reçu le célèbre prix Albert-Londres, à 25 ans, pour son reportage publié l’automne dernier.

Il en faut pour dénicher un homme de bien dans la démesure de Lagos, l’une des plus grandes mégapoles du monde. Marc Perelman, un journaliste indépendant, n’a pas hésité.

Il en faut pour apprivoiser les « Don Camillo et Peppone » espagnols, dans un pays passé en quelques mois d’une croissance insolente à une dépression vertigineuse. Bertrand de la Grange a rencontré et écouté Paco l’Egoutier.
Il en faut pour photographier pendant trois ans « les Français à table ». Pour ce reportage, Stéphanie Lacombe a reçu le prix Niépce, la récompense la plus prestigieuse pour un photographe en France. Elle rejoint au palmarès Robert Doisneau, Jeanloup Sieff et tant d’autres.

Un journal, c’est une porte ouverte. XXI a été créé pour ça : dire « oui », offrir sa chance à ceux qui ont de l’énergie, des idées et du talent, sans regarder leur curriculum vitae ni leur date de naissance.
Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry
N.B. : Ce numéro est dédié à deux lecteurs de 15 et 20 ans. Le premier n’est pas un foudre de guerre au lycée, mais ne lâche jamais son trimestriel favori, au point que ses parents sont obligés de lui répéter cette injonction : « Travaille au lieu de lire XXI ! » Le second passera ses examens au moment où ce numéro sortira de l’imprimerie. Il a fait du baby-sitting pour payer son abonnement et acheter un billet de train pour nous rendre visite. Les lecteurs aussi ont de l’énergie !

Édito

7 000 Hiroshima, les irradiés des îles Marshall : Le 1er mars 1954, l’armée américaine fait exploser la bombe H la plus puissante jamais testée. Les habitants de Rongelap,dans l'archipel des îles Marshall, ne sont évacués qu’au bout de 51 heures et renvoyés chez eux trois ans plus tard. Le roi qui sur l’île attendait les Coréens : L’histoire de l'île d'Idjwi, située au milieu du lac Kivu, entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Un lieu où les habitants des rivages lointains viennent se réfugier pour échapper à la guerre. Et où le temps n'a pas de prise. Phosphate blues : Vue de loin, Nauru est bénie des dieux. La douceur du Pacifique, d’importants gisements de phosphate. Des années durant, les habitants ont touché des millions de dollars de royalties. L’île de 21 km2 a vécu le rêve américain, acheté des immeubles à Houston et Honolulu, construit des parcours de golf à travers le monde. Mais la corne d’abondance se tarit. Aujourd’hui, Nauru se meurt de ses excès. Mormons : le ranch des secrets : Un reportage chez une communauté mormone du Texas, réalisé quelques semaines après une intervention musclée de la police nord-américaine. Des cubes et des toupies : Sans bien savoir pourquoi, des élèves du lycée Jean-Pierre Timbaud d'Aubervilliers ont atterri dans la filière "métier de la production mécanique informatisée", "MPMI" en abrégé, qui désigne le métier de tourneur fraiseur.Ils construisent des cubes, des carrés, des toupies. Au fil des jours, ils disparaissent. Leurs professeurs sont désemparés. Le Juste de Lagos : La capitale du Nigéria est une cité hors normes. Etouffante, violente et corrompue, nourrie par l'argent du pétrole. Dans cette ville monstre, un avocat, Félix Morka, croit en la loi. Paco l’Egoutier : Promoteur immobilier de 64 ans, Francisco Hernando, dit "Paco", a commencé comme égoutier. Il est aujourd'hui l'une des plus grandes fortunes d'Espagne et s'est lancé dans le chantier de sa vie: construire en plein désert castillan une ville de cinquante mille habitants portant son nom. Mais la crise est arrivée et les grues se sont figées. La baleine et le thé : Les Tchouktches sont un peuple au nom étrange. Ils vivent au bout de l'extrême-Orient, au bord du détroit de Bering, là où les hivers son longs et la vie rude. Frédéric Tonolli les a rencontrés pour la première fois en 1994. Pendant quatorze ans, il est régulièrement retourné chez les seigneurs de Béring. Lors d’un séjour en 1999, il réalise qu’il enregistre la fin d’une histoire. Enquête sur Antoinette Fouque : Au cœur de la nébuleuse féministe, elle assure ramasser « toute la misogynie du monde ». Mais la prêtresse femme ne dit pas tout. Entretien avec Vincent Lindon : Devenu acteur à la suite d’un quiproquo, il pense que le cinéma n’est plus là pour faire rêver, mais pour témoigner. Il s’est engagé dans Welcome. C’est dans la course, dit-il, qu’un « cheval donne tout son jus ». Le Monsieur de la rue : « Tu devrais faire une BD et tu l’appelleras SDF +. » C’est ainsi que tout a démarré : par une rencontre à Lyon entre deux hommes, sur un trottoir. Depuis, le sansabri s’en est sorti. Quand le dessinateur lui a parlé du projet, Hosni, l’ancien « Monsieur de la rue », n’a pas hésité à se raconter. Tourner la page: pourquoi suis-je partie? : Ancienne professeur de lettres et journaliste, Anne Brunswic se décrit comme une « écrivaine-voyageuse ». A 50 ans, cette baroudeuse engagée décide de quitter son emploi pour se consacrer entièrement à ses voyages et aux ouvrages qui en sont issus. Elle explique les raisons de ce changement de vie.

Les auteurs

Les illustrateurs

15,50€

Découvrez nos autres numéros

#49  Hiver 2020

#49 Hiver 2020

16,00 €

#48 Automne 2019

#48 Automne 2019

16,00 €

Hors-série XXI - Grands reportages en bande dessinée

Hors-série XXI - Grands reportages en bande dessinée

23,00 €

A4 Viande : Sa dernière heure a-t-elle sonné ?

A4 Viande : Sa dernière heure a-t-elle sonné ?

14,50 €