#3 Été 2008

Au sommaire

« Un bol d’air frais », l’expression revient souvent dans vos e-mails ou vos lettres. A dire vrai, c’est aussi le sentiment que nous éprouvons au fil des semaines en fabriquant ce journal qui ne ressemble à rien de connu… XXI a créé un appel d’air. Depuis la parution du premier numéro, nous avons reçu des centaines de propositions de reportages.

Un journal vit des rêves qu’il suscite. Nous n’avons pas été déçus. Il est même impossible de répondre à tout le monde, tant cet afflux nous dépasse. Mais chaque envoi est lu, vu, classé, parfois mis en attente. « On publie pour rencontrer des hommes, rien de plus », écrivait André Breton dans Les Pas perdus. Il avait raison. La plupart des auteurs du numéro que vous tenez entre vos mains nous étaient encore inconnus il y a six mois. Ils sont arrivés sans recommandation, ni CV, parfois sans carte de presse, mais avec des idées justes. L’envie de raconter le monde autrement, et le talent de le faire partager.

Il y a des plumes connues et des apprentis, des romanciers, des free-lance, des touche-à-tout, des rêveurs, des universitaires, des baroudeurs, des photographes, des dessinateurs… Ils poussent la porte de XXI, au fond d’une cour plantée de bambous, à l’écart des bruits de la rue. Ils viennent humer l’atmosphère. Hommes ou femmes de tous les horizons, ils sont de singuliers auteurs à la recherche de lecteurs curieux.
Chaque jour, leurs propositions nous surprennent. Ils nous entraînent dans les salons de coiffure de l’Est de Paris ou dans la Colombie rêvée par García Márquez. Avec eux nous frappons à la porte d’un couvent de Toulouse puis dans le bureau d’un entrepreneur de Bombay. Le réel qui se dessine, par petites touches, est différent de l’image du monde renvoyée par les téléscripteurs.

Lorsque les articles, les illustrations ou les planches arrivent, nous les ouvrons à chaque fois avec un pincement au cœur. Nous sommes comme vous en découvrant XXI, mais avec quelques semaines d’avance. Les tâches urgentes passent au second plan. La copie est là ! C’est un moment magique. La lecture est fébrile. Et quand le rédacteur en chef repose les pages en disant « Là on y est, on voit, on respire, c’est bon », qu’un large sourire illumine soudain son visage soucieux, la partie est gagnée. Les pages circulent de main en main. Le travail de mise au point commence, mais l’élan est donné. Oui, à nous aussi, les auteurs de XXI apportent « un sacré bol d’air frais ».
Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry
PS. Une fois apaisé le tam-tam du lancement et l’effet de curiosité, la norme de la presse veut que l’on assiste à une chute de 30 à 50 % entre les ventes du premier numéro et celles du suivant. Les ventes du numéro 2 de XXI approchent et parfois dépassent, dans certains points de vente, celles du numéro 1 (qui continue à être demandé). Vous êtes décidément des lecteurs pas comme les autres… Merci.

Depuis janvier, nous avons rencontré des centaines d’entre vous, à travers toute la France, lors des rencontres en librairies. Vous nous répétez sans cesse que notre public potentiel est plus nombreux encore, qu’il faut faire connaître XXI. Vous avez raison : l’aventure commence à peine. Vous êtes notre meilleure publicité.

Édito

Adam et Eve au pied de la lettre : Dans le sud des Etats-Unis, au coeur de la « Bible Belt », on en est persuadé : la Genèse est le récit exact de la création du monde et de l’homme. La Vérité, la voici : la Terre fut créée en six jours il y a six mille ans. Voyage au berceau du créationnisme. L'Islam à la carte : Une nouvelle génération de prédicateurs de l’islam a surgi au bord du Nil. Parfois aussi populaires que des rock stars, ils sont jeunes et n’hésitent pas à appliquer les outils du marketing à la religion : télévision, Internet, téléphone, gadgets… Tout est bon pour séduire. Les moines de la place du Capitole : Le cercle de silence de douze franciscains.Chaque mardi, depuis huit mois, un cercle se forme au coeur de Toulouse. Dans le plus grand silence,
deux cents personnes se réunissent autour de douze franciscains. En bure, immobiles… Coiffure pour dames : Des années durant, Fabrice Guyot s'est immergé dans l'univers de ces dames qui, régulièrement, se retrouvent à "faire" salon de coiffure. Toutes vivent à Paris, et tous les quinze jours, voir plus pour certaines, elles se rendent à leur "salon" pour un "rendez-vous" avec leur coiffeur. Le photographe s'est faufilé dans ce qu'il appelle les "mondes parallèles" de ces dames. Les papillons jaunes de Macondo : Gabriel García Márquez est né à Aracataca, petit village de Colombie. Il n’y habite plus, mais son oeuvre imprègne ce bourg où tous se sont approprié le territoire imaginaire de Macondo, le village mythique de Cent ans de solitude. A Aracataca, il y a Fossy le nouveau maire, Rafael qui finit une biographie, Aura qui a aimé un homme de loin. Il y a aussi Luis, le peintre de Macondo. Putain de guerre ! : Bagdad est aujourd’hui un assemblage hétéroclite d’îlots, de zones, de bulles et de places fortes surarmées. On y vit au quotidien l’absurdité. On s’y bat sans règles. Des bistrots clandestins s’ouvrent. Des généraux mentent. Tous, Irakiens et étrangers, parlent de la « putain de guerre ». Un dernier carré de journalistes résiste. L’histoire vraie de Survivre avec les loups. : Misha Defonseca s’est rêvée une vie de petite fille juive devenue, dans l’Europe en guerre, amie avec des loups. Un récit fictif aussi incroyable que fascinant. Le cinéma, les éditeurs se sont pressés à sa porte. Avec des offres mirifiques. La machine à fabriquer des illusions s’est mise en marche. Un best-seller est né, puis un film. Tout était faux… Un rêve de sous-marin : M. Pilipenko vit dans un village perdu. M. Pilipenko est un rêveur. Il est obstiné aussi. Dans son garage, il rassemble des pièces de bric et de broc, étudie plans et nomenclatures techniques. Il veut son sous-marin. Deux réalisateurs allemands le rejoignent. Ils l’accompagnent jusqu’au bout de son rêve : la plongée dans les eaux de la mer Noire. XXI a eu un coup de coeur pour ce film réalisé en 2006 et produit par Nonfictionplanet. Aperçu de cette histoire en dix plans choisis par le dessinateur Christophe Merlin, commentés par les réalisateurs Jan Hinrik Drevs et René Harder. Enquête sur Jalaluddin Haqqani, chef de guerre afghan : Enquête sur Djalaluddin Haqqani, chef de guerre afghan. Entretien avec John Mc Arthur : A la tête du vénérable Harper’s Magazine, John R. MacArthur ne se contente pas de garantir la liberté totale de sa revue. Il continue, par des enquêtes de terrain, à disséquer les errements de l’Amérique, de la propagande de guerre aux ravages du libre-échange. Pour XXI, il revient sur ses principaux coups de gueule contre ses confrères journalistes et le verrouillage du système politique américain. Inde, mon entreprise dans un bidonville : Ils sont des centaines de milliers à habiter Dharavi, « le plus grand bidonville d’Asie », au coeur de Bombay. On y tanne, on y coud, on y recycle… Dans ce royaume de la petite entreprise, cinq mille ateliers tournent en permanence, emploient des cohortes de personnes, en font vivre bien d’autres. Mais voilà: Dharavi est trop bien situé. Pas très loin du centre des affaires, de ces quartiers de la mégalopole indienne où le prix des terrains atteint des sommets. Depuis un an, Dharavi est menacé d’expropriation. Un comble pour un bidonville. Les ennemis de mon père : Longtemps, Hélène Erlingsen a vécu dans l'ombre de son père, mort en 1958 dans une embuscade en Algérie. Quarante ans plus tard, elle se lance sur ses traces et celles de ses anciens ennemis. Pour XXI, elle raconte sa quête des Soldats perdus (Ed. Bayard).

Les auteurs

Les illustrateurs

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