#2 Printemps 2008

Au sommaire

Voilà le numéro 2 de XXI. Et déjà tout est différent. Parce que vous êtes là. Vous avez été plus de quarante-cinq mille à acheter le premier numéro et à le recommander autour de vous. Le bouche à oreille a été notre meilleur relais. Merci à vous.

Beaucoup d’entre vous se sont d’abord rendus dans les kiosques, où XXI n’était pas en vente. Certains ont harcelé leur maison de la presse ou leur libraire de quartier pour qu’ils s’approvisionnent. Notre boîte aux lettres et nos boîtes mails ont débordé de vos messages, de vos réactions et de vos enthousiasmes. Vous êtes étonnants : le même jour, nous avons reçu un bulletin d’abonnement d’une jeune fille de 19 ans et celui d’un retraité de 75 ans. Merci à vous.

XXI n’aurait pu exister sans la mobilisation d’une multitude d’énergies individuelles, qui se sont ajoutées et multipliées, des auteurs et des illustrateurs jusqu’aux libraires… Tous ont cru à cet ovni éditorial, dont ils ont souvent été les premiers lecteurs. Ce n’était pas évident, tant l’époque conduit à toujours plus de zapping, de people, d’écume. Les libraires ont su nous accompagner à contre-courant. Merci à eux.

Oui, tout est différent.

Vous nous offrez une chance rare. Nous avons dessiné un journal, vous l’avez fait vôtre. Grâce à vous, l’horizon de XXI s’élargit. Ceux qui ont eu la chance de voyager dans le grand Nord ont déjà vécu cette expérience. Avec la transparence de l’air, l’œil perçoit soudain des montagnes éloignées et les couleurs sont accrues. Voilà ce que nous ressentons : votre présence nous permet de voir plus loin.

Tout reste à inventer et à construire ensemble. Ce numéro de printemps explore des champs nouveaux, comme l’économie, la science ou les idées. Sur une carte du monde, nous pourrions piquer une trentaine de têtes d’épingle pour symboliser les lieux où les auteurs de XXI se sont rendus pour vous.

Le journalisme n’est pas une affaire de kilomètres, plutôt de regard et de curiosité. Marcel Mochet est allé au bout du quai ; il a embarqué pendant des mois sur les chalutiers de haute mer et ses photos gravent en nous la réalité humaine du métier de pêcheur.
Pour entraîner le lecteur avec soi, il faut trouver le fil. En déroulant la saga de la maison Picchetti et Fils, Ariane Chemin raconte la Corse avec ce sens du détail juste qui fait les vrais reportages. Maria Malagardis a choisi de nous faire entrer dans la vie de ceux qui pistent les tueurs rwandais et aussitôt le génocide tutsi prend chair. En évoquant Cuba à travers l’affrontement d’un père et d’un fils, Jacques et Pierre Ferrandez restituent la vérité d’une île, par le dessin, les choses vues et les dialogues. La force du réel est impressionnante.

Envoyé spécial en Afrique pendant vingt ans, le grand reporter polonais Ryszard Kapuscinski affirmait que le journalisme devait « construire une image globale à partir de détails ». Il expliquait : « Parfois en décrivant ce que je fais, j’ai recours à l’expression latine “silva rerum”, une “forêt de choses”. C’est mon univers, une forêt de choses, et je vis en voyageant dedans. Pour comprendre le monde, il faut le pénétrer aussi profondément que possible. »

Bienvenue dans la forêt de choses de ce numéro 2.
Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

Édito

Les orphelins de Saint-Hippolyte : Entrepreneur, Pierre Jallatte avait fait d’un petit village des Cévennes « la capitale mondiale de la chaussure de sécurité ». Après vingt ans de prospérité, la crise est arrivée. L’usine a été délocalisée en Tunisie. « Papa Jallatte » s’est suicidé. Saint-Hippolyte s’interroge. La route de la soif : Plus que d’acier, de charbon et de pétrole, le nord de la Chine a un besoin vital d’eau. La solution ? Un grandiose projet hydraulique. En quatre syllabes chantantes « Nan shui bei diao », il s’agit littéralement de « ramener l’eau du Sud vers le Nord ». Un périple de 1 800 kilomètres sur les berges de la puissance chinoise. Donne ! : Enchères philanthropiques, spectaculaires levées de fonds, financement des écoles, galas du matin au soir : dans la cité des affaires, la charité est devenue un « business ». De la cantine scolaire à la politique en passant par la chirurgie esthétique, c’est la course au don. Plongée au coeur d’une ville qui a fait de la générosité sa dernière folie. La très résistible ascension de George Forrest, vice-roi du Katanga : Au coeur de l’Afrique, dans l’ancien pays de Mobutu, il est des gisements miniers qui, depuis plus d’un siècle, suscitent convoitises et passions. Fils d’un jeune mousse venu d’Australie, l’homme d’affaires belge George Arthur Forrest s’est taillé un empire dans le fief congolais des « mangeurs de cuivre ». La mer est leur métier. : Ils s’appellent Pascal, « Snoopy », « Loulou », José, Nicolas, Zdzislaw,
« Johnny » ou Piotr… Ils sont les pêcheurs de l’extrême. Rwanda, sur la piste des tueurs. : En 1994, pendant trois mois, les Hutus ont exterminé méthodiquement, souvent à la machette, 800.000 personnes, en majorité Tutsis. Maria Malagardis a rencontré ceux qui jamais n'oublieront ce génocide. Simples citoyens, avocats ou policiers, Français, Belges ou Rwandais, ils veulent comprendre. Parce qu'ils savent que, souvent, la justice écrit l'histoire, ils se sont faits pisteurs. Sur les traces des coupables d'un génocide. M. Picchetti, le croque-mort de la Corse : La mort en Corse est affaire de famille. Bernard Picchetti « aime ses morts ». Avec les siens, le croque-mort de l’île a monté Picchetti et Fils, une entreprise florissante. Portrait d’une île vieillissante qui tient la vie pour une « période » et se complaît dans le drame. Ukraine, ceux de la dernière frontière : Asiatiques, Indiens, Arabes, Caucasiens… Les migrants de l’Est se pressent aux portes de l’Europe. Ils passent une première frontière, puis une autre, et encore une autre…« La dernière frontière » est en Ukraine.
C’est celle qu’il faut franchir sous peine de risquer de tout perdre. Un journaliste de France 2, Gilles Jacquier, s’y est rendu, seul. De son séjour, il a rapporté un reportage diffusé en 2007 par Envoyé spécial.
XXI a eu un coup de coeur pour ce film. Aperçu de la « dernière frontière » en dix plans, choisis par le dessinateur Miles Hyman et commentés par Gilles Jacquier. Enquête sur James Hansen, le climatologue censuré par la NASA : Enquête sur le climatologue James Hansen. Entretien avec Jean de Maillard : Magistrat, enseignant, philosophe, Jean de Maillard est un esprit libre. Depuis vingt ans, livre après livre, de la mafia d’hier aux occultes circuits financiers d’aujourd’hui, il étudie la criminalité économique organisée. Il ne cherche pas à en remonter les filières, il veut en comprendre le sens. Pour XXI, il décrypte le défi que pose « l’économie trafiquante » à la démocratie. Vivrons-nous demain dans un monde sans loi ? Cuba, père et fils : Voici bientôt cinquante ans, La Havane tombait aux mains d’un bouillant révolutionnaire, Fidel Castro. La saga du « Lider Maximo » et de Cuba berça toute une génération. Aujourd’hui, les Cubains s’interrogent : bridés par une
histoire érigée en mythe et prisonniers des songes dans lesquels ils ont été reclus, les fruits de la révolution peuvent leur paraître amers. Isolés dans la mer des Caraïbes, n’ont-ils pas comme échoué sur un banc de sable ? Je suis un criminel : Avant, les protagonistes de ses enquêtes finissaient sur le banc des accusés. Depuis « l’affaire Clearstream », le journaliste Denis Robert est passé « de l’autre côté ». Ecrasé par une avalanche de procès, il raconte pour XXI sa « gueule de bois ». Il en a fait Une affaire personnelle (éd. Flammarion).

Les auteurs

Les illustrateurs

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