#1 Hiver 2008

Au sommaire

LE DOLLAR ET LE MARTEAU

En huit ans de pouvoir, Vladimir Poutine a construit un pays nouveau, un pays moderne, un pays européen. C'est, du moins, ce qu'il revendique haut et fort. Faut-il le prendre au pied de la lettre ?

Jean-Pierre Perrin a enquêté sur les lieux étranges parfois noués entre la France et la Russie.

Emmanuel Carrère a suivi l'opposant Edouard Limonov dans ses pérégrinations.

Laure Mandeville s'est plongée dans la vie d'Anna Politkovskaïa, en première ligne contre le régime.

Carl de Keyzer a sillonné la Sibérie et ses bagnes.

Édito

« Messieurs, vous apprendrez qu’un reporter ne connaît qu’une ligne, celle du chemin de fer », répliqua Albert Londres en claquant la porte du Quotidien, le journal qui l’employait et dont les dirigeants lui reprochaient de ne pas être « dans la ligne ».

Ces mots, nous les faisons nôtres au moment de lancer le premier numéro de XXI, dont le titre – XXI comme XXIe siècle – montre notre volonté de prendre l’époque à bras-le-corps. Aucune entreprise humaine ne se bâtit sur du sable, à partir de rien et de nulle part. Autant regarder vers le haut lorsqu’il faut se lancer dans l’aventure.

Aux idées préconçues, Albert Londres préférait la vérité des choses vues et des êtres rencontrés. Il allait là où les autres passaient leur chemin et aimait ceux dont il racontait le destin, qu’ils soient forçats de la route ou bagnards de Cayenne, fous à l’asile ou pêcheurs de perles. Et il était lu. Les courbes de ventes épousaient le rythme de ses reportages. Il arrivait que les lecteurs fassent la queue à la sortie des rotatives, en pleine nuit !

Ce journalisme est éternel, seules ses formes changent. Il est toujours aussi nécessaire. L’information s’est multipliée, et notre regard s’est rétréci. Prendre le temps, se décaler, redonner des couleurs au monde, de l’épaisseur aux choses, de la présence aux gens, aller voir, rendre compte : telle est la volonté de XXI.

En France, ce journalisme s’est tari, faute d’espace : formats réduits, écriture blanche, enquêtes trop rares. Aussi, l’énergie du journalisme de terrain s’est déplacée, irriguant les livres, les écrans ou le Web. L’éclatement est passionnant, mais il n’a qu’un temps. Des merveilles se retrouvent isolées, diluées dans un océan de productions en tout genre. XXI rassemble auteurs et lecteurs sous une même bannière autour de mots simples, mais qui nous obligent : exigence, curiosité, exactitude, générosité.

Nous faisons un triple pari.

Le pari du grand format. Les récits sont à lire, la BD de reportage est constituée de trente planches, le portfolio occupe vingt pages. Le premier devoir d’un journaliste est d’être lu, le premier plaisir du lecteur est d’être emporté ailleurs.

Le pari du reportage. Suivre le don d’une statue à Ploërmel, commune de Bretagne, nous en apprend beaucoup sur la face obscure des relations franco-russes. Un stage de désobéissance civile dans la banlieue de Bordeaux nous fait découvrir une France que nous n’imaginions pas. Telle est la force du réel.

Le pari du mélange des approches. Journalistes, romanciers, photoreporters, dessinateurs de BD, documentaristes… Le talent est un passeport universel.

Le bureau du photographe new-yorkais Weege, dont les « plaques » des quartiers chauds de New York ont marqué l’histoire du journalisme, tenait dans le coffre de sa voiture. La richesse de XXI est entre vos mains. Pendant des semaines, les auteurs rassemblés ici ont vu et écrit, dessiné, enquêté, photographié. Au plus près, au plus juste. Ils l’ont fait pour vous. Votre accueil sera notre seul juge.

Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

Les auteurs

Les illustrateurs

15,50€

Découvrez nos autres numéros

#50 Printemps 2020

#50 Printemps 2020

16,00 €

#49  Hiver 2020

#49 Hiver 2020

16,00 €

#48 Automne 2019

#48 Automne 2019

16,00 €

Hors-série XXI - Grands reportages en bande dessinée

Hors-série XXI - Grands reportages en bande dessinée

23,00 €