#18 Printemps 2012

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NOS COUSINS d'EUROPE

De la Finlande à la Grèce, de la Pologne au Portugal, l'histoire du continent est en train de s'écrire.

François Musseau raconte la gueule de bois d'une Espagne qui regarde s'évanouir ses châteaux de sable.

Emmanuel Carrère et Hélène Devynck ont vu, à Davos, les chefs d'Etats africains rappeler avec une tranchante ironie les leçons de morale que l'Europe leur infligeait sur l'endettement.

Cécile Boutelet a parcouru la région allemande du Bade-Wurtemberg, à la recherche des clés de la réussite de ce Land qui, à lui seul, pèse plus que la Suède, l'Autriche ou le Danemark.

Édito

Ce numéro de printemps paraît au coeur de la campagne présidentielle française. Lorsqu’il sera remplacé par le numéro suivant sur les tables des libraires, le second tour des législatives aura rendu son verdict. Durant ces trois mois, l’actualité politique aura envahi encore davantage toute la presse française. Toute ? Non, un irréductible trimestriel résiste à cette marée de commentaires ! Le silence de XXI n’est pas une surprise pour les aficionados. Un lecteur maniaque pourra relire nos 3 780 pages publiées depuis janvier 2008 sans y trouver les noms des acteurs politiques français et des candidats à la présidentielle, à part quelques occurrences du président sortant (elles se comptent sur les doigts d’une seule main).

Pourquoi ce choix ? D’abord parce que XXI est une revue francophone, ouverte sur le monde et le coin de la rue. 99 % des lecteurs de XXI habitent en dehors de Neuilly et des quelques arrondissements de Paris où se brassent politiques, journalistes, hauts fonctionnaires, communicants et cadres dirigeants. Deux ou trois petits milliers de « décideurs » vivent dans les mêmes lieux, arpentent les mêmes rues, et leurs enfants fréquentent les mêmes écoles. Évidemment, ils lisent les mêmes médias et s’y retrouvent comme par magie, sans se rendre compte que, lus depuis Ploërmel ou Bergerac, Bruxelles ou de Rio de Janeiro, les quotidiens, les sites d’info et les news français paraissent déconnectés du réel. Ils parlent aux politiques, dans un entre-soi dont les lecteurs sont des spectateurs désabusés. Or c’est justement ce réel qui intéresse XXI.

Il existe une bulle politique comme on parle de bulle immobilière ou de bulle financière. L’espace consacré à la vie politique a connu une inflation proportionnelle au désengagement des citoyens. Dans les années 1960, le grand quotidien populaire qu’était France Soir consacrait six fois plus de place à l’international que Le Parisien-Aujourd’hui en France. La « politique politicienne » est désormais surreprésentée.

Cette bulle est d’autant plus artificielle qu’à l’heure de la mondialisation, l’exercice du pouvoir a changé. Les arbitrages fondamentaux se prennent dans les entreprises transnationales et les ministères selon des règles qui échappent trop souvent au jeu démocratique ou à la transparence. Les décisions majeures sont masquées par une avalanche de communication. Cette discrétion est autant le fait du cynisme que du pragmatisme, car gouverner pour un horizon qui dépasse quelques jours est devenu une gageure. Le brouillage est complet.

À XXI, nous avons fermé la porte de ce journalisme, parce qu’il est devenu inaudible et qu’il a été aspiré par l’immédiat : trois mois, c’est l’éternité pour les polémiques, les soufflés qui retombent et les effets d’annonce. Les lecteurs sont-ils dépolitisés pour autant ? Nous ne le croyons pas. XXI s’intéresse au grand bouleversement du monde, à la vie au ras du sol, à tout ce qui est important et qui dure. C’est une autre manière d’appréhender la politique, par le centre et non la périphérie.

Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry

Les auteurs

Les illustrateurs

15,50€

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