Casoar Phil

Printemps 1983, dans un bistrot de Barbès. Le magnéto tourne. Une gitane maïs éteinte entre ses doigts, « Charlot » raconte : « Le prisonnier, on l’a passé de l’autre côté de l’Ebre en barque. Et ce jeune, il a été remis aux Espagnols, il a fini par être fusillé. Ben ouais, on a tous été affectés par cette histoire… » J’ai bien connu François-Charles Carpentier, dit « Charlot », un des volontaires internationaux qui capturèrent le Petit Phalangiste. C’est le premier à m’avoir parlé de cette histoire. « On était venu en Espagne pour se battre pour la liberté, pas pour fusiller des gens », disait-il. Comment aurais-je pu imaginer qu’un jour, je rencontrerais, à Saragosse, le frère du garçon fait prisonnier par Carpentier et ses camarades ?

#12 Automne 2010

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